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IGF 2007 à Rio de Janeiro: le forum mondial de discussion sur la gestion de l'internet prend ses marques

Après la réussite du premier Forum sur la gouvernance de l'internet (Internet Governance Forum; IGF) en automne 2006 à Athènes, la deuxième édition qui s'est déroulée à Rio de Janeiro en novembre 2007 a été elle aussi un succès. Les débats ont porté sur l'accessibilité, l'ouverture, la sécurité et les multiples facettes de l'internet, ainsi que sur le contrôle qu'exercent les Etats-Unis sur des ressources clés telles que les serveurs racines, les adresses IP ou les noms de domaine, etc. Toutefois, l'IGF ne représente que le début d'un dialogue global et réellement multi-partenaire sur les aspects importants de l'internet.

Thomas Schneider, service des Affaires internationales

Dans le cadre de la deuxième édition de l'Internet Governance Forum (IGF), qui a eu lieu du 12 au 15 novembre 2007 à Rio de Janeiro, plus de 1600 représentants de gouvernements, d'entreprises et d'ONG ont débattu de questions liées à l'accessibilité, à l'ouverture, à la sécurité et à la diversité de l'internet. Ces quatre thèmes avaient déjà été abordés lors de la première édition de l'IGF en octobre 2006 à Athènes. Un cinquième sujet central mais controversé est venu s'ajouter qui, lors des négociations menées fin 2005 en vue du second sommet mondial de l'ONU sur la société de l'information (SMSI) à Tunis, avait abouti à la création de l'IGF en tant que forum de discussion: la gestion des ressources clés de l'internet comme les serveurs racines, les adresse IP, les noms de domaine, etc. par l'organisation privée ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), qui n'a de compte à rendre qu'au ministère américain du commerce. Le fait que l'hôte de l'IGF 2007, le Brésil, soit l'un des plus virulents critiques de l'ICANN n'a pas entraîné de débats trop véhéments, comme certains le craignaient.

Nombreux thèmes abordés

Les cinq tables rondes et les quelque quatre-vingts ateliers, forums de meilleures pratiques et autres rencontres ont eu pour thèmes le multilinguisme de l'internet (par rapport aux contenus, mais aussi au système des noms de domaine), la lutte contre le pollupostage et la cybercriminalité, le passage de l'IPv4 à l'IPv6, l'importance des normes ouvertes et d'une gestion adéquate des droits liés à la propriété intellectuelle, la consolidation des droits de l'homme dans l'internet, les questions concernant la protection des données et des consommateurs, la protection des enfants et des jeunes, ainsi que la gestion de l'internet et un accès plus aisé pour les pays en développement. L'un des ateliers, soutenu notamment par la Suisse, visait à définir un "agenda de développement" sur la gouvernance de l'internet selon le modèle établi par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI); il a rencontré un écho positif et sera développé dans le cadre d'une "coalition dynamique".

A pas prudents vers des structures et des normes mondiales

Lancée par l'Italie lors de l'IGF 2006, l'idée de créer une "Charte de la citoyenneté sur l'internet" a été reprise à Rio. Il s'agit non pas de définir de nouveaux droits, mais de présenter les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus sous une forme compréhensible pour les utilisateurs de l'internet. Accueillie favorablement à Rio, l'idée sera aussi reprise dans le cadre d'une "coalition dynamique".
Les opinions divergent toujours quant à la problématique de l'internationalisation et de la démocratisation de la gestion des ressources clés de l'internet. De nombreux participants n'apprécient guère le fait que les gouvernements soient intégrés dans la structure de l'ICANN de manière non-contraignante en tant qu'organe consultatif. De nombreuses démarches sont dorénavant entreprises pour séparer cet organe de l'ICANN et le rattacher à une organisation internationale.

L'IGF – club de discussion ou plateforme permettant de fixer l'agenda politique?

Certains pays comme la Chine ou la Russie insistent pour que l'IGF négocie des dossiers politiques. A l'inverse, pour de nombreux spécialistes issus de milieux étatiques et non-étatiques, seule la manière informelle et l’absence de pression de négociations permet à l'IGF de devenir une instance au sein de laquelle les représentants des gouvernements, de l'économie et de la société civile peuvent discuter, des chances et des risques liés à l'internet, ou se retrouver librement pour affronter certains problèmes. A souligner notamment la décision commune, prise par l'ICANN, l'UIT et l'UNESCO, de développer un système multilingue de noms de domaine.
Bien entendu, la structure de l'IGF présente encore bien des faiblesses auxquelles il s'agira de remédier. En outre, diverses voix se sont élevées pour demander l'instauration de forums régionaux. L'idée de faire de l'IGF une plateforme ouverte où celui qui a quelque chose à dire peut partager ses expériences et prendre des initiatives est révolutionnaire pour l'ONU; elle n'en demeure pas moins séduisante. Sous la conduite de l'OFCOM, la Suisse s'engage pour que l'IGF demeure une plateforme de dialogue, mais que les enseignements acquis dans ce cadre profitent aussi aux organismes qui prennent des décisions importantes dans le domaine de l'internet.
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Dernière mise à jour le: 29.01.2008

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