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Publié le 8 décembre 2025

Médias en ligne: Financement

Les médias sont financés par différentes sources. Quelles sont les sources de financement importantes pour les médias en ligne et comment ont-elles évolué ces dernières années?

Modèles commerciaux

Les offres rédactionnelles des médias en ligne recourent à différentes possibilités de financement. Le plus souvent, le financement provient à la fois de la publicité et des abonnements, mais bon nombre de médias en ligne privilégient la publicité, sans revenus issus des abonnements. En revanche, peu choisissent exclusivement un financement par des abonnements, ce qui vaut également pour les autres modèles de financement, comme les dons (par le lectorat, crowdfundings) ou les fondations.

On constate uniquement des évolutions mineures dans le temps (par rapport à 2022). Le nombre d’offres de médias en ligne financées exclusivement par la publicité a cependant diminué. Parallèlement, un peu plus d’offres misent sur la publicité et les abonnements pour leur financement, ce qui pourrait être dû aux recettes stagnantes ou légèrement en baisse générées par la publicité display en ligne (voir ci-dessous). Les abonnements permettraient à ces médias de diversifier leur structure de revenus.

Recettes publicitaires

Depuis 2014, la Fondation Statistique en Publicité recense les recettes publicitaires des médias en ligne suisses, plus concrètement celles provenant de la publicité display (bannières, mais aussi vidéos et publicité autochtone/publireportages). Jusqu’en 2020 (année du COVID-19), ces recettes ont évolué positivement, avant une stagnation, voire un léger recul, en 2023 et 2024. Les recettes de la publicité display en ligne se sont stabilisées à près de 300 millions de francs par année.

Les catégories «Sites d’actualités» et «Portails d’information» en particulier contribuent à la transmission d’informations. En 2024, elles pouvaient s’attribuer la plus grande part des investissements consentis dans la publicité display en ligne (respectivement 61% et 22%), tandis que les catégories restantes affichaient des parts moindres. Depuis l’introduction en 2019 de la répartition détaillée de la publicité display en ligne par publication, la part des sites d’actualités affiche une tendance à la hausse, passant de 46% en 2019 à 61% en 2024.

La croissance dans cette nouvelle catégorie de médias ne peut toutefois pas compenser, même partiellement, le recul des recettes publicitaires des tous les médias journalistiques suisses ces dernières années. En 2024, par rapport à l’an 2000, l’ensemble des catégories de médias suisses a généré près de 56% de recettes publicitaires en moins.

Estimation des recettes publicitaires des plateformes internationales

La majorité de dépenses publicitaires en ligne sont investies désormais dans les plateformes internationales plutôt que dans les offres rédactionnelles des médias en ligne suisses. En effet, les recettes publicitaires nettes provenant de la publicité display en ligne ne tiennent pas compte de ce que les entreprises de publicité suisses investissent en plus dans la publicité sur internet, notamment sur les moteurs de recherche (p. ex. Google), Social Media (p. ex. Facebook/Instagram) ou YouTube.

Comme ces plateformes en ligne ne publient pas les montants de leurs recettes publicitaires en Suisse, il faut se référer aux estimations de la Fondation Statistique Suisse en Publicité: sur la base d’une enquête menée auprès d’experts, YouTube aurait généré entre 136 et 165 millions de francs suisses en 2024, les moteurs de recherche entre 1’220 et 1’494 millions et les médias sociaux entre 600 et 738 millions. Le graphique indique toujours la valeur moyenne obtenue entre les valeurs maximales et minimales.

En comparaison avec les recettes publicitaires nettes cumulées de la radio, de la télévision, de la presse et des offres en ligne sous forme de publicité display en ligne (2024: 1’660 mio. de francs), il apparaît clairement que les investissements publicitaires sur les plateformes mentionnées sont bien plus élevés (estimation en 2024: 2’177 mio.) que les médias journalistiques.